Miss Natïaa

Nombreux sont celles et ceux qui m’ont connu grâce à mes 151 marchés du jour (oui je sais, c’est précis), mes menus pour la semaine et mes recettes.

Les choses étaient assez bien huilées, en ce temps là.

J’adorais ses rendez-vous.

J’avais mes repères, mes habitudes et tous roulaient.

Et puis depuis fin juillet 2014, tout a été chamboulé.

Les publications ont commencé à être plus éparses du fait:

  • de ma fausse couche,
  • de la préparation de mon retour au pays,
  • de ma période de chômage,
  • de ma nouvelle grossesse,
  • de la reprise du boulot,
  • de cette nouvelle vie au pays

J’y ai vécu jusqu’à mes 22ans. Puis j’ai débuté ma vie de femme là-bas

  • de ma nouvelle vie de femme et maman.

Sur ce dernier point, je crois bien que l’on ne peut et que l’on est jamais réellement prête et préparée pour ce rôle.

Je le savais pourtant que ce n’était pas de tout repos mais quand même!

  • Le manque de sommeil,
  • les responsabilités,
  • l’engagement que dis- je, la dévotion,
  • la vie dorénavant à 3!

Soyons transparent.

Je ne vais pas vous vendre du rêve.

Ce n’est clairement pas du Disney, en mode « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Être mère, être parent, je le dis: c’est prenant, stressant et fatiguant!

Cet être que nous avons désiré, attendu et qui n’a pas demandé à être sur cette terre, dépend totalement de nous.

Toutes ces nuits discontinues, de parfois que 2h30 de sommeil cumulées puis enchaîner avec le boulot…Seigneur!

En tant qu’ex grosse dormeuse ça a été vraiment le plus rude…

J’ai pris et je prends ma charge à coeur et ma fille me le rend plus que bien.

Tout ça pour dire que mes priorités ont été mises à plat, revues et clairement bloguer n’en faisait plus partie; bien que l’envie y était mais pas la force.

Et puis j’ai essayé aussi tant bien que mal de ne pas m’oublier, moi, en tant que femme…

Il m’en a fallu du temps.

Presque 4 ans pour roder et jongler un tant soit peu entre mes vies.

J’ai bien retenu une chose: rien n’est jamais acquis.

Cependant je me dois désormais, à plus de discipline.

Je me suis créée de nouvelles marques et ma fille étant de plus en plus autonome, je me sens de nouveau prête à revenir ici, je l’espère, de façon plus régulière.

Alors aujourd’hui, je vous propose de partager notre menu pour la semaine.

J’ai réalisé ce planning avec ce qu’il y avait dans mon frigo ainsi que les produits données par la famille (papaye, avocat, giraumon, bananes, tomates…).

Je ne fais plus de marchés comme à Neuilly-Plaisance car ici la famille offre souvent des fruits et légumes.

Je me réserve une demie journée dans le week-end pour concocter nos plats pour la semaine.

Je garde uniquement au frigo les déjeuners (entrées, plats et dessert) et souper du lundi et mardi.

Les autres, une fois refroidis vont au congélo.

Puis le mercredi j’ai préparé les entrées et desserts pour jeudi et vendredi.

Ça demande pas mal d’organisation mais, c’est tellement apaisant d’arriver à la maison et de savoir ce qu’il y a au menu.

Je déteste avoir faim et me poser la question.

Voilà!

On se donne rendez-vous la semaine prochaine?

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C’était une évidence.

C’est venu naturellement.

Je me suis énormément documentée sur le sujet.

J’ai aussi et surtout beaucoup échangé avec mes modèles sur le sujet, à savoir mes sœurs et mon amie Danielle qui ont eu des enfants avant moi et avaient allaités ou qui allaitaient.

Je me rappelle encore quand je leur disais que je voulais allaiter mais que j’avais peur…

Et si mon bébé refuse de boire ou qu’il n’y parvient pas?

Elles m’ont vite remis les idées en place et rassurés.

J’ai fait mes séances de préparations à l’accouchement avec ma super sage femme.

Elle nous avait réservé une session spécialement allaitement, pour les mamans ayant fait ce choix.

Elle nous a appris et montrer comment ça se passait et comment positionner bébé pour l’alimenter.

J’étais sûre de mon choix.

J’avais même demandé à mon papa de me réaliser un berceau sur mesure pour le cododo.

Le jour J, ma chérie doudou ne m’a pas laissée le temps de douter.

Je me rappellerai toujours quand la sage femme l’a posé sur mon ventre et qu’elle s’est dirigée toute seule, dans le plus beau des silences, comme téléguidée vers mon sein.

Je suis restée sans voix!

Et puis après quelques temps, l’allaitement s’installant, les douleurs ont fait leur apparition.

Mais rien qui puissent me décourager.

Mes sœurs m’avaient prévenuu que ça risquerait d’arriver et m’avait conseillé deux choses:

  • des coques
  • et la crème pour allaitement Lansinoh.

Les massages avec cette pommade m’ont beaucoup soulagé/aidé.

J’ai toujours allaité ma fille à sa demande, dès qu’elle le réclamait 7 jours sur 7, 24h sur 24.

Mes nuits étaient très hachurées.

Et puis à ses 5 mois, après plusieurs mois de chômage, il a fallu que je reprenne le chemin du travail.

Quelques semaines avant et sachant qu’on la confierait à l’assistante maternelle, j’avais débuté le tirage de lait que je conservais au congélateur en prévision de ce retour à la vie active.

J’avais préparé ce changement du mieux que je pouvais mais je me sentais déjà coupable de l’abandonner.

Certes, on avait choisi avec minussi, une nounou bienveillante qui partageait les grands principes d’enseignements que l’on souhaitait pour notre enfant et qui acceptait de lui donner des biberons de mon lait.

Mais cela n’empêchait que je m’en voulais quand même de la laisser.

Avant de véritablement reprendre le travail, on a fait une belle période d’adaptation avec la nounou car la petite refusait de prendre le biberon au début.

Pour tenir le coup, je m’accrochais à cette phrase que nous avait dit notre super sage femme « un enfant ne se laissera jamais mourir de faim ».

Puis une copine m’a conseillé de changer de tétine pour ses biberon. Et ce sont ceux de la marque tommee tippee qui lui convenaient.

À ce moment, notre petite a commencé à accepter de boire au biberon.

J’étais soulagée.

Restait maintenant le cas de comment poursuivre avec la reprise du boulot.

« Sachez que selon la loi, l’allaitement au travail est un droit.

« En tant que salariée, vous pouvez allaiter votre enfant durant les heures de travail, pendant 1 an à partir de sa naissance.

Pour ce faire, vous avez droit à une réduction de votre temps de travail d’1 heure par jour, répartie en 30 minutes le matin et 30 minutes l’après-midi. » »

Je ne vais pas vous mentir, il m’a fallu pas mal d’organisation pour poursuivre notre allaitement.

En semaine, je tirais mon lait entre midi et deux, tous jours.

Le soir pendant qu’elle tétait un sein avant d’aller au lit, il m’arrivait de tirer l’autre.

Mes nuits étaient discontinues.

Les nouveaux nés peuvent dormir des nombreuses heures par jour. Sauf qu’on oublie de préciser que c’est loin d’être d’affilée.

En comptabilisant mes heures, il m’arrivait certain soir dans la semaine à cumuler à peine 2h30 de sommeil cumulées.

Et le lendemain matin, il fait être fraîche et disponible pour embrayer sur mes tâches au travail.

Seigneur!

J’étais quelquefois en mode pilote automatique.

Sincèrement, je ne sais pas où je puisais cette force pour tenir.

C’était éprouvant par moment.

Stressant par d’autre.

Surtout quand je constatais que la production diminuait.

Mon m’avait envoyé plusieurs signaux.

La fatigue et le stress ont eu raisons de moi.

J’en faisais trop.

J’ai du être arrêtée.

Il me fallait lever le pied.

J’ai repris des forces, continué à manger mes oléagineux et essayer de manger équilibrés, à boire mes tisanes et à prendre mes granules d’homéopathies sous prescription de ma sage femme.

ça a bien duré ainsi de janvier à septembre 2016.

Puis la petite n’a plus voulu prendre de biberon durant sa journée à la crèche.

Depuis lors, je lui donne la tétée le matin avant de partir au boulot puis le soir après ma journée de boulot et de retour à la maison autant de fois qu’elle le souhaite.

Je n’ai jamais eu l’appréhension de lui donner le sein en dehors de chez nous:

  • dans la file en attendant mon tour,
  • en faisant mon marché,
  • en randonnée,
  • à la mer,
  • en avion,
  • au restaurant

Et j’ai eu l’occasion d’en entendre des remarques et j’en entends toujours.

Car j’allaite toujours ma fille qui a maintenant un peu plus de 3 ans.

« Maman mais elle tête toujours?! »

tu vois bien que oui?non?

« Elle va arrêter quand comme ça?! »

à ses 18ans

« Je croyais qu’elle avait déjà fin avec ça?! »

de quoi je me mêle

Tout dépend de mon humeur.

Mais la personne obtiendra toujours une réponse de ma part ou de celle de ma fille.

Car même la bouche fermée, mon visage parle!

Je n’ai aucun regret.

Nos tétées sont maintenant plus espacées, moins longues.

Nous n’en sommes pas encore à la fin mais j’ai cette impression que l’on en est proche.

L’avenir nous le dira.

En tout cas, j’ai aimé tous ces moments de maternages.

Je n’ai jamais vécu mon allaitement comme une contrainte, bien au contraire.

Si je devais le refaire, je referai exactement tout pareil!

Je finirai en ajoutant à celles qui veulent allaiter:

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Je n’ai pas toujours voulu être mère.

Je me rappelle encore de ces phrases que j’ai prononcé plus d’une fois à mes parents et qui résonnent en moi « De toutes façons les enfants ça sert à rien! Et en plus c’est ingrat! ».

Rien que ça.

J’ai toujours été… particulière.

Certains diront que je suis folle, insolente ou même méchante.

Et ceux qui me connaissent réellement savent que je suis quelqu’un hypersensible.

Je ne sais pas faire semblant.

Je dis les choses.

Et puis en 2012, j’ai eu un déclic. Je veux bien finalement être maman. Mais mon envie n’était pas forte au point d’enlever mon stérilet et de sauter le pas.

L’idée était là dans ma tête, dans nos têtes.

Et puis en 2014 lors de notre voyage à Montréal, j’ai eu un sentiment de déjà vu, un pressentiment.

De retour en France, c’est confirmé, je suis enceinte…sur DIU! (dispositif intra-utérin)

C’était la 1ère fois que mon gynéco observait ça. Moi même, je ne pensais pas ça possible.

En tout cas notre petit Loustique était quant à lui en pleine forme, bel et bien installé.

Ce fut la surprise! Ce n’était pas prévu mais on était heureux.

Heureux de l’annoncer à nos proches, heureux de cette nouvelle aventure.

Et puis le 26 Juillet 2014, je me revois me tordre de douleurs sur notre canapé, ma sœur sage femme au bout du fil m’aidant à respirant pour gérer au mieux cette souffrance.

Tout m’échappait, je n’étais plus maître de rien, tout est allé tellement vite.

Arrivés aux urgences, le siège de la voiture trempée. J’avais perdu les eaux.

On avait compris que c’en était fini.

Notre Loustique nous avait quitté.

J’ai crié et pleuré comme jamais.

Les choses se sont enchaînées, j’ai cette image de ce médecin m’informant que j’avais expulsé le bébé, je le revois une main appuyant sur mon ventre et l’autre dans mon intérieur vérifié que tout était bien sorti.

Je m’entends dire que non je ne souhaite pas voir mon enfant. Je le vois malgré moi dans ce sachet.

Je me revois trembler de tout mon corps, regarder et demander pardon à mon doudou et lui dire que je suis désolée.

Je revois les murs blancs de l’hôpital défilés et puis l’infirmière qui me demande ma date de naissance et puis plus rien… C’est le trou noir.

Je me réveille dans les choux, dans une chambre, des perfusions au bras et le ventre vide…

Pourtant tout allait bien la veille. Je cherche des explications.

Pourquoi nous? Pourquoi moi?

Je m’en voulais tellement. J’étais en colère.

J’en voulais à mon corps ce con qui n’avait pas su garder notre enfant puis au corps médical.

J’étais furieuse après tous ceux qui me disaient que ce n’était pas grave, qu’il fallait que je passe à autre chose,que je faisais trop de choses, que ça arrive à des millions de femmes, que j’avais eu la chance que ça soit arrivé à ce stade où l’on ne pouvait supposer que j’étais enceinte, ou alors que j’aurai pu avoir un enfant infirme et j’en passe…

Sérieusement de vous à moi, si jamais une femme vous confie son malheur, abstenez de ce genre de commentaires.

C’est hyper douloureux d’entendre ses âneries!

On a juste besoin de réconfort, d’une épaule, d’une oreille mais certainement pas de jugements.

Certes on n’a encore ni touché, ni vu, ni connu avec cet enfant mais on l’a espéré, on l’a senti ou encore imaginé et surtout on l’aime déjà.

Et puis la blessure est encore béante mais on n’a d’autres choix que d’avancer. Il faut prévenir son employeur et les services sociaux que finalement ben la grossesse n’est pas arrivée à son terme… Sincèrement, c’est éprouvant.

Heureusement, on avait programmé en mai de rentrer au pays pour partager en Août notre bonheur…

Le fait de retrouver les nôtre, de nous ressourcer après cette épreuve nous a fait énormément de bien.

Comme pour soigner notre peine, c’est aussi en Août 2014 que mon chéri a eu cette proposition d’emploi pour que l’on retourne vivre au pays comme on l’avait toujours souhaité.

6 ans qu’on attendait ce moment!

6 ans qu’on rêvait de notre retour au pays natal.

Quant à moi, je n’ai pas réfléchi bien longtemps pour proposer à mon employeur une rupture conventionnelle.

Il nous fallait ça.

Le timing était parfait pour tourner cette page.

Vraiment, la vie a plus beaucoup plus d’imagination que nous.

Après cet épisode douloureux, j’ai décidé de me recentrer sur mon bien être, de me faire plaisir et d’arrêter de m’en vouloir.

De faire la paix avec moi-même.

Ainsi va la vie!

C’est aussi à cette période que ma BFFL m’a fait découvrir Isabelle FILLOZAT avec le livre « Fais-toi confiance ».

J’ai pratiqué du yoga pour m’apaiser et j’ai repris le sport dès que j’ai eu le feu vert.

J’ai peu à peu repris confiance en moi, en mon corps.

L’envie de croire en la vie et devenir maman était plus que jamais présente mais je ne vous cache pas que la peur aussi était bien présente.

En tout cas, l’année 2014 restera à jamais gravée dans ma mémoire.

En décembre 2014, j’ai eu de nouveau cette intuition.

Ce sentiment que j’avais reconnu quelques mois auparavant qu’un être grandissait de nouveau en moi.

Le 8 Janvier 2015, j’ai eu la confirmation que j’étais au tout tout début.

J’ai annoncé cette grossesse encore plus tôt que la précédente. Du moins à mes sœurs et mes parents.

Mon gynécologue ici connaissant mon passif m’a super bien épaulé.

Pas de prise de risques ou pour me rassurer, cerclage et suivis très rapprochés entre les visites avec ma super sage femme et lui.

Mes sœurs et mes amies étaient plus que présentes malgré la distance de certaines.

Je me suis mise à pratiquer le yoga prénatal avec l’institut Akrita, où j’ai pu réellement exorciser mes dernières craintes de fausse couche.

Et puis Mister Vandes alala  le pauvre, on se connait depuis 2005… J’ai juste envie de dire que cette épreuve nous a fortifiée!

Je peux vous dire que j’ai pleinement vécue cette nouvelle opportunité.

Je me suis écoutée plus que jamais.

Je dis ça mais j’avais quand même la bougeotte.

Il me fallait une activité car depuis mon retour au pays en novembre 2014, j’étais au chômage.

Alors en début d’année 2015, je me suis lancée dans une formation dans le digital. Je me revois avec mon ventre qui commençait à sortir orchestré un évènement à Madiana.

Ensuite, j’ai bossé à la Région pendant un mois.

Finalement, mon contrat n’a pas été renouvelé.

J’étais dévastée. Le mot est faible merci les hormones et c’est là que mes sœurs m’ont dit « Ti manmay rété an koté! Profité di grossess ou!! » (Jeune fille reste tranquille! Profite de ta grossesse!!)

Et c’est ce que j’ai réellement fait!

J’avais cette chance de n’avoir aucune contrainte alors j’ai profité pour:

  • me reposer,
  • me faire plaisir: mer,  séances d’aquagym avec la sage femme, séances de yoga
  • et de ma famille.

Et puis, en fin de matinée, le 28 Août après un monitoring, la sage femme me regarde et me dit « Mais tu as des contractions régulières là. Tu vas faire connaissance sous peu avec ta fille! ».

Je suis rentrée chez moi dormir un peu.

Et puis dans l’après-midi ma sœur est venue me chercher. « An an jeune fille! Un gros vendredi tu veux rester chez toi et attendre?! Avec les embouteillages là?! Non! Je viens te chercher. Je t’amène à la clinique! »

Les séances de préparation à l’accouchement et surtout les séances de respiration faites pendant les sessions de yoga prénatales m’ont énormément servies et permis d’accueil notre chérie sereinement.

Ah oui, encore une chose, cessez de dire aux gens à quand le bébé, à quand le second?

Vous ne connaissez pas leur passif.

Certains n’en ont simplement pas envie, pour le moment, ne peuvent pas, sont en deuil…

Alors stop!

Voilà, cet article, il m’en a fallu du temps pour me décider à l’écrire. Je m’étais promis de le rédiger depuis 2014.

J’ai honoré la promesse que je m’étais faite.

Je m’arrêterais là pour cette fois et je finirai par ces mots:

Dans notre société noire, afro caribéenne, il n’est pas bien vu de raconter ses malheurs, ses douleurs et ses échecs.

Il faut même au contraire taire ses peurs, tout faire pour les oublier, les enfouir.

J’appartiens à cette communauté mais je ne partage pas cette idée.

Ma thérapie ça a été d’en parler, de cesser d’en avoir honte, de me libérer.

#BreakTheSilence

À bientôt!

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